ACAT

Le Pape et la torture

Déclaration du Pape François lors de l'angélus du dimanche 22 juin 2014 :

« Chers frères et sœurs, le 26 juin prochain ce sera la Journée des Nations Unies pour les victimes de la torture. En cette circonstance, je réaffirme ma ferme condamnation de toute forme de torture et j'invite les chrétiens à s'engager pour collaborer à son abolition et soutenir les victimes et leurs proches. Torturer les personnes est un péché mortel, c'est un péché très grave. »

 

Présentation de l'ACAT


(Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture)

Pourquoi les chrétiens ? La particularité de l'ACAT est d'avoir un pied dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme et l'autre pied dans l’Évangile.

Le mandat de l'ACAT :

Combattre la torture,
Abolir les exécutions capitales,
Protéger les victimes
,

Dans le monde entier, pour qui que ce soit, sans distinction idéologique, ethnique ou religieuse. En toute indépendance.

Vivre l'ACAT au quotidien

L’œcuménisme :
En 1974, les deux femmes à l’origine de la création de l’ACAT déclarent : « La lutte contre la torture ne peut se faire que tous chrétiens réunis ». L'œcuménisme est une règle statutaire qui régit le fonctionnement de l'ACAT, permettant l'expression des opinions de chacun. Son bureau exécutif comprend trois vice-présidents élus, de confessions catholique, orthodoxe et protestante. Catholiques, orthodoxes et protestants se retrouvent unis dans l'action et la prière, considérant leurs différences actuelles comme une richesse.

Combattre la torture
Se fondant sur l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, l’ACAT rappelle avec force que la torture n’est jamais légitime et que la dignité de toute personne humaine doit être respectée. L'ACAT prend la défense de toutes les victimes de tortures et de mauvais traitements, qu’elles soient des prisonniers d’opinion ou de droit commun, qu’elles soient détenues par des États ou des entités non-étatiques.

Abolir la peine de mort
La peine de mort est une violation du droit à la vie et du droit à ne pas être soumis à une peine cruelle, inhumaine ou dégradante. Elle est, plus encore pour l’ACAT, une atteinte au commandement "Tu ne tueras point". C’est un châtiment barbare qui relève davantage de la vengeance individuelle que de la justice telle qu’elle devrait être rendue par la société.

Protéger les victimes
Protéger, soutenir, accompagner les victimes, autant d’enjeux pour l’ACAT, qui, depuis sa création, a inscrit dans son mandat d’assister les victimes et de concourir à leur protection. L’ACAT veille à aider ceux qui ont subi la torture ou qui risquent de la subir. L’ACAT veille à protéger tout particulièrement les défenseurs des droits de l’Homme, à les accompagner, à promouvoir et relayer leur action. Elle les soutient lorsqu’ils sont en danger. L’ACAT concoure à la protection des victimes, notamment par toutes actions en faveur du droit d’asile et de la vigilance à l’égard des renvois qui s’avéreraient dangereux.


Parmi nos moyens d'action avec lesquels œuvrent nos 10 000 adhérents et 400 groupes locaux on peut noter : 

  • Envoi de lettres d’interventions (plusieurs fois par mois) pour faire pression sur des gouvernements, y compris le gouvernement français.
  •  Correspondance avec des condamnés, à mort, à de lourdes peines de prisons, ainsi qu'avec leurs familles.
  • Sensibilisation des autorités religieuses.
  • Participation aux réseaux de vigilance (« actions suivies »).
  • Promotion d’une justice internationale.
  • Sensibilisation des jeunes en aumônerie...

Pensons à nos frères torturés

Notre prière et une modeste action à notre portée valent la peine. Il est possible d'agir contre la torture en étant membre de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture).

Pourquoi les chrétiens ? : la particularité de l'ACAT est d'avoir un pied dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme et l'autre dans l’Évangile.

Comment agir ? : on reçoit, deux ou trois fois par mois, chez soi (par courrier ou courriel selon son choix), une courte information sur la situation d'une personne victime, accompagnée d'une lettre toute prête destinée à l'autorité du pays concerné.

Nous sommes libres d'y répondre ou non ; si oui, il suffit de signer la lettre après y avoir indiqué son identité, puis de l'affranchir avant de la poster. Des libérations ont parfois lieu quand des responsables qui pratiquent la torture reçoivent des milliers de lettres.

Plus extraordinaire : des prisonniers libérés ont témoigné avoir ressenti le secours de la prière de leurs frères lointains. Pour des actions plus variées ou de plus grande envergure, on peut rejoindre un groupe : il en existe à Oloron, Pau, Orthez... (peut-être qu'un pourrait voir le jour sur notre paroisse ?), le mouvement est présent au niveau de l'Europe et des Nations Unies ; il est reconnu et efficace. Nous luttons aussi pour l'abolition de la peine de mort et pour le respect du droit d'asile.

Nous vivons la fraternité entre chrétiens des différentes confessions œuvrant et priant ensemble pour une même cause au nom de Jésus qui fut torturé, qui veut la délivrance de la victime et la conversion du tortionnaire.

Pour de plus amples renseignements : http://www.acatfrance.fr/

Et auprès des paroissiens de Saint-Vincent des Baïses :

              • Anne-Marie Laulhé (Lasseube, tél. 05 59 39 96 58),
              • Sophie Berrogain (Lucq, tél. 05 59 34 34 78),
              • Jean-Pierre Degert (Monein, tél. 05 59 21 38 53).
 

Article publié par le journal « La Croix » en décembre 2014 :

Fondée en 1974, l’organisation non gouvernementale Acat lutte contre la torture, la peine de mort et pour la défense du droit d’asile, avec des valeurs chrétiennes.

L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat)

Agir, prier, vivre l ’œcuménisme

L’Acat, c’est 38 500 adhérents, 350 groupes en France, un réseau mondial de 30 Acat. En 2014 les actions de l’Acat ont permis « de mettre fin » au calvaire de plus de 100 personnes »

Quelle est l’origine de l’Acat ?

L’ONG est née il y a quarante ans, en 1974. Deux femmes, Édith du Tertre et Hélène Engel, protestantes, assistent à la conférence d’un pasteur, Tullio Vinay, qui revient du Vietnam. Il décrit les tortures pratiquées, y compris sur des enfants. Ce sera le déclic pour les deux femmes qui décident alors de s’engager en fondant l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) avec des amis issus de toutes les confessions chrétiennes. « Pour elles, les chrétiens ne peuvent pas rester indifférents au scandale de la torture en pensant au Christ, lui-même torturé sur la Croix », explique Jean-Étienne de Linares, délégué général de l’association.

Aujourd’hui, l’Acat-France est reconnue d’utilité publique et d’éducation populaire. Elle fait désormais partie de la Fédération internationale de l’Acat, qui a un statut consultatif auprès des Nations unies. Les leviers d’action de l’Acat :

  • Les pétitions (format papier mais aussi sur Internet)

  • Le plaidoyer (les grandes campagnes)

  • Le levier spirituel :

    • avec la Nuit des veilleurs, chaque année le 26 juin (l'Acat s'associe à la journée des Nations Unies pour les victimes de la torture),

    • l’accompagnement par la prière de toute personne aidée par l’Acat,

    • le parrainage spirituel de détenus et condamnés à mort…

  • Les rapports et analyses, notamment le Rapport annuel sur la torture

En quoi l’Acat est-elle spécifiquement chrétienne ?

La lutte contre la torture n’est pas seulement une action importante, elle est une composante à part entière de la vie spirituelle, explique l’association, pour qui ce combat doit trouver chez les chrétiens un écho de manière toute particulière. Bien sûr, « l’on ne défend pas uniquement les chrétiens, mais toute personne susceptible d’être soumise à la torture», souligne Jean-Étienne de Linares. Mais de même que « la prière s’élevait vers Dieu sans relâche » (Actes des Apôtres 12,5) tandis que l’Apôtre Pierre était en prison, la dimension de la prière est présente dans un certain nombre d’actions, comme la Nuit des veilleurs, organisée chaque 26 juin à travers le monde. En outre, la notion d’œcuménisme est fondamentale, rappelle Jean-Étienne de Linares, qui définit le militant de l’Acat comme un « chrétien engagé indigné ». « On ne peut pas se contenter de s’indigner », ajoute-t-il, précisant que l’aspect chrétien n’est pas exclusif. Parmi les 23 salariés,tous ne le sont pas.

Quels sont ses champs d’action ?

Originellement consacré à la prévention du phénomène tortionnaire, à la protection des victimes et à la poursuite de leurs auteurs, le mandat de l’ONG s’est élargi, en 1982, à la lutte contre la peine de mort, puis à la défense du droit d’asile. Disparitions forcées, conditions de détention, violences policières sont aussi sous les projecteurs de l’Acat.

Concernant la torture, l’expertise unique de cette pratique par l’association, notamment par des visites sur le terrain et les rapports d’enquête qui en découlent, est mise en valeur par la publication, depuis 2010, d’un rapport annuel, Un monde tortionnaire. Celui-ci comprend une partie géographique et une partie consacrée à l’analyse historique, politique, psychologique et culturelle de ce phénomène.

Une campagne est actuellement menée par l’Acat sur le droit d’asile, en lien avec le projet de loi de réforme de l’asile. Avec le thème « Non à l’asile au rabais », l’association propose des amendements au projet de loi, s’inquiétant des mesures d’accélération du traitement du sort des demandeurs d’asile et, par-delà, de la logique de réduction des coûts et des droits qui est proposée.

L’Acat mène aussi une importante action de correspondance avec des condamnés à mort, notamment aux États-Unis. « Plus de 3 000 personnes se trouvent dans le couloir de la mort, rappelle Nordine Drici, directeur des programmes à l’Acat. En moyenne, un condamné attend plus de dix ans complètement isolé avant d’être exécuté. » L’établissement d’une correspondance régulière permet à ces personnes de se sentir épaulées. « Quand la date de l’exécution est annoncée, des prières sont organisées pour soutenir spirituellement cette personne au moment de son exécution », poursuit Nordine Drici. D’autres actions de parrainage de détenus ont lieu notamment en Chine et en Ouzbékistan.

Comment l’ONG est-elle organisée ?

L’Acat comprend un « pôle actions », qui mène des actions à l’international et en France. Son équipe est composée de sept personnes, dont six responsables de programmes (Afrique subsaharienne, Afrique du Nord/ Moyen-Orient, Asie centrale, Amériques, et les pôles « asile » et « lieux privatifs de liberté » en France). Plaidoyers, actions juridiques et judiciaires, missions d’expertises sur le terrain, publications de rapports et d’analyses sont de leur ressort.

Autre pôle de l’Acat, le volet militant est très important. L’ONG compte aujourd’hui 9 000 adhérents en France, ce qui est moins qu’au début des années 1990, où ils étaient 16 000. En outre, 28 000 personnes participent financièrement ainsi qu'aux aux actions. 350 groupes locaux existent en France. Sur le terrain, ces militants mènent des actions de sensibilisation et d’interpellation d’élus.

Enfin, le pôle communication est chargé notamment du Courrier de l’Acat, un bimestriel qui permet de faire le point sur les actions de l’ONG et de mettre en lumière les causes à soutenir. L’ONG communique chaque semaine en lançant un appel urgent pointant un cas dans un pays, avec une pétition en ligne. Par exemple, une pétition pour soutenir Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort en 2010 pour blasphème, a récolté dès la première semaine 19 000 signatures.

Quels sont les résultats de ses actions ?

En 2014, l’Acat a contribué à la libération de vingt-neuf détenus dans treize pays différents. L’association publie sur son site Internet les « bonnes nouvelles », lorsqu’une victime de torture est libérée, lorsqu’une condamnation à mort est annulée, lorsque des tortionnaires sont jugés. Dernière en date, publiée le 9 décembre, la libération par les autorités chinoises de Hada, âgé de 58 ans, intellectuel et défenseur de la culture mongole. Condamné à quinze ans de prison pour espionnage et séparatisme, il avait été libéré à la fin de sa peine en décembre 2010, avant d’être de nouveau arrêté et emprisonné.

Sur le plan du droit d’asile, une permanence accompagne chaque année entre 200 et 250 demandeurs d’asile. « En 2014, 190 entretiens ont ainsi eu lieu, et ont débouché sur l’obtention de 37 statuts de réfugiés et 10 dits de “protection subsidiaire” », explique Nordine Drici. Mais l’aide ne se limite pas pour ces personnes au droit d’asile, puisque, souvent, elles demandent ensuite une réunification familiale. « C’est un très long parcours », souligne encore Nordine Drici.

 

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